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#StreetArtRouen – Rencontre avec 5 artistes qui font vivre nos murs

street art rouen

Né dans les années 60, le street art s’est peu à peu étendu et nous accompagne aujourd’hui quotidiennement. Gratuit et libre, l’art sort des musées et envahit l’espace public pour s’offrir généreusement au regard de tous. Graffitis, pochoirs, mosaïques, stickers, installations … l’art urbain apporte inattendu, fantaisie et poésie dans nos villes.

 

 

A Rouen, nombreux sont les artistes à habiller nos rues. Certains spots sont même connus pour ça, comme la rue des Bons Enfants ou les hangars des quais de Seine sur la rive gauche. Mais on en trouve aussi partout dans la ville ! Art éphémère, des oeuvres se créent tandis que d’autres s’effacent. C’est aussi ce qui fait son charme.

Les Normandpolitains ont sélectionné 5 artistes de street art (on admet notre attirance pour les collages) que nous aimons particulièrement croiser au fil de nos errances. Rouennais, vous les connaissez forcément, peut-être même sans le savoir.

 

Gaspard Lieb

Ton parcours artistique ?

J’ai un parcours long, plein d’errances et d’essais. Je dessine depuis l’adolescence, mais j’ai fait beaucoup de photographie, de la musique un temps et énormément écrit. J’ai d’abord écrit des textes pour des artistes, quelques catalogues d’expositions et étudié la philosophie et l’esthétique avant d’assumer le fait de faire.

Le street art, comment, pourquoi ? 

J’ai commencé à coller mes dessins dans la rue vers 2010…. Il s’agissait dès le début de peupler la ville de figures humaines et de proposer  des petites surprises urbaines, des rencontres furtives. C’était aussi une manière de sortir de l’atelier, d’assumer ce que l’on fait pour la première fois, de partager, d’exposer sans relais. C’est peut-être aussi une envie de réduire l’écart entre l’art et la vie.

Quand on colle, on passe à l’acte, on agit, on vit des petites aventures. Les premières sorties étaient toujours nocturnes, mais aujourd’hui je colle tout aussi bien le jour. C’est presque plus sympathique. Les gens viennent nous parler. C’est assez jouissif. C’est donc surtout le désir de retrouver une pratique artistique qui s’inscrit dans la vie réelle et non simplement derrière sa table à dessin, ou dans l’espace réservé de la galerie, afin de proposer à des inconnus des images, souvent étranges, belles ou « pour rire », mais toujours éphémères. Et puis le dessin ne prend sens réellement que lorsqu’il a trouvé sa place dans la rue, in situ. 

Tes idées, elles viennent d’où ? 

Les idées se sont souvent des images qui viennent en se promenant, en voyant des architectures, des coins de murs, des espaces où pourraient se loger des petites histoires. Ca vient aussi en pensant tout simplement, parce qu’on a quelque chose à dire de précis. Mais l’idée se transforme souvent immédiatement en image. Parfois, on commence un dessin, juste une étude, sans idée précise, et les choses viennent en faisant… comme souvent.

Entre les idées et la rue, il se passe quoi ? 

Je travaille seul. Quand j’ai de très grands formats à coller ( Il m’est arrivé de faire des collages de 15 mètres de long ), je me fais aider par un ami pour le montage.

Soit je dessine et je vais trouver un lieu dans la ville. Soit je crée un dessin spécifiquement pour un mur – c’est le cas, par exemple, lorsque je réponds à des commandes pour investir des lieux spécifiques. Je travaille essentiellement au crayon graphite sur papier, avec des rehauts de blanc pour les lumières et c’est tout. La technique est minimaliste et très classique. Les dessins sont ensuite agrandis et imprimés aux formats voulus.

Rouen, pourquoi ? 

Je vis à Rouen depuis plus de 15 ans. C’est une ville à l’échelle très humaine, une sorte de village actif avec une vraie vie culturelle. Je colle à Rouen parce que j’y vis et que je m’y promène. Ce n’est pas un choix. C’est un fait.

@gaspardlieb

Son site

Another Dead Tree

Ton parcours artistique ?

Je n’en ai aucun. Je n’ai fait aucune école d’art ; seulement une école pour me former en infographie pour mon projet professionnel. Ce ne sont pas mes études qui m’ont servies à faire ce que je fais aujourd’hui même si je me sers de ces outils là. J’ai joué longtemps dans des groupes de punk rock et j’allais souvent dans des musées. C’était ça mon parcours artistique.

Le street art, comment, pourquoi ? 

J’ai commencé assez récemment, il y a un peu plus de 2 ans. J’ai toujours adoré les street-artistes en particulier les pochoiristes, Banksy, C215, Blek, JPS…

Un jour, j’ai eu envie d’essayer sur un mur chez moi. J’ai commencé par un pochoir que je connaissais, un petit panda qui tient des pistolets, qu’on attribuait souvent à Banksy. J’ai réussi à le faire et du coup, j’ai eu envie de continuer et j’ai rempli un mur entier chez moi pour m’entrainer… C’est à partir de là que j’ai commencé à vraiment faire du pochoir, à en faire de plus en plus compliqués avec plein de couleurs.

Mon premier pochoir sur un mur dans la rue, c’était un petit emoji que j’avais détourné. Il se suicide avec une arme à feu et des coeurs sortent de l’autre côté de sa tête. J’avais trouvé ça marrant et j’aimais le message que les gens pouvaient voir.

Tes idées, elles viennent d’où ? 

J’adore la pop culture, les messages simples et forts, mes enfants. J’essaie de mélanger tout ça. Dans la rue, j’ai souvent des coeurs qui apparaissent, des messages un peu tristes en rapport avec l’amour. Ou alors des personnages marrants, comme mes enfants déguisés en Chewbacca et en paresseux que j’avais peint sur les bords de Seine à Amfreville-la-mi-voie près de Rouen. Un de mes plus grand pochoir. 

Seul ou accompagné ? 

Quand je fais des pochoirs dans la rue, je peins seul mais souvent accompagné par mon pote Yazpaintings, qui lui aussi fait des pochoirs. C’est toujours plus sympa à plusieurs, pour chercher les bons spots. Ma copine ou mes enfants m’accompagnent aussi parfois. 

Rouen, pourquoi ? 

J’ai peint dans plusieurs villes et même en Belgique mais je peins à Rouen car c’est à 20 minutes de chez moi et il y a une meilleure visibilité par rapport à là où je vis. J‘adore les artistes de Rouen. J’ai aimé poser des pochoirs à côté des oeuvres d’artistes comme Fkit, LizPonio, le Collectif Chevalet Noir, Gaspard Lieb, DHOA dans les rues de Rouen.

@another_dead_tree

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 ADT

Padame One

Ton parcours artistique ?

Je n’ai pas fait un parcours classique en école d’Art, je me suis fait tout seul en commençant par la photographie et le graphisme. Beaucoup de mes amis sont déjà artistes donc je trainais dans le milieu…  Peu à peu, je me suis intéressé au monde de l’Art plus sérieusement et j’ai commencé à expérimenter toutes sortes de choses.

Le street art, pourquoi, comment ? 

En 2015, j’ai investi dans un traceur numérique et j’ai pu commencer à imprimer mon travail sur de grands formats. J’ai toujours souhaité m’exprimer dans la rue et la façon la plus logique pour moi a été d’aller coller ces larges impressions dans toute la ville de Rouen. 

Je me souviens de ma première session de collage, ça ne s’oublie pas. J’’étais avec mon bro El Cumbone. Toutes les sessions sont immortalisées en photo ou vidéo.

Les idées, elles viennent d’où ? 

Je fais un travail de recherche conséquent sur internet pour dénicher des images qui me parlent. C’est primordial dans mon style. Ensuite, il y a la conception du sujet de base qui me sert de support pour mes toiles et les collages que je pose dans les rues, les idées viennent sur le coup. Je prépare rarement mon travail en amont.

Travail en solo ou accompagné ? 

La majeure partie du temps seul, dans mon atelier à Rouen. 

Rouen, pourquoi ? 

J’y sui né, j’y ai grandi, j’y ai travaillé :  ça me paraissait évident d’exposer mon travail aux rouennais en priorité. D’ailleurs, je suis très fier d’être cette année l’artiste qui réalise les visuels pour Le 106 ! Passer du collage dans les rues en mode vandale aux créations dans les immenses spots de pub avec la Métropole, c’est une belle victoire ! D’ailleurs, un concours pour remporter une des affiches du 106 va bientôt tomber alors tenez-vous prêts sur Instagram !

@padame_

Son site

PADAME

Chevalet noir

Deux pour le prix d’un : Herman Kolitz et EhGarsson

Vos parcours artistiques ?

H.K. : Je peins et je dessine depuis mon adolescence, ça a toujours été pour moi un moyen d’épanouissement. Je suis passé par les Beaux-Arts de Rouen et après différentes expériences j’ai décidé de créer mon collectif et de me professionnaliser. J’ai donc fondé le collectif Chevalet Noir et l’agenda VIENS!

E.G : J’ai commencé à dessiner depuis l’enfance, en parallèle avec une formation musicale. J’ai toujours été attirée par toute forme de création artistique. Je me suis professionnalisée par la suite lors de mon entrée dans le collectif Chevalet Noir où j’ai pu collaborer avec des artistes aux pratiques diverses.

Le street art, pourquoi, comment ? 

H.K. : J’ai commencé le street-art il y a peu près 3 ans en collant des stickers et je suis passé après à de plus grands collages. L’envie vient de plus loin et elle est tout simplement celle de partager son art, je ne me retrouvais pas dans l’exposition classique, il manquait quelque chose de direct, de spontané. J’ai du mal à penser à une première fois car c’est venu assez naturellement, sans que j’y vois une rupture avec ce que j’avais fait avant.

E.G : J’ai commencé le street-art en 2017, en commençant par des stickers sérigraphiés puis par la suite avec des affiches en linogravure pour finir par coller des dessins originaux plus cohérents avec mon style graphique actuel. Ce qui m’a poussé vers le street-art c’est une volonté de sortir des galeries et d’étendre mon art dans un cercle gratuit et accessible à tout le monde.

Les idées ? 

H.K. : Ça dépend beaucoup de mon humeur, de ce dont j’ai envie de parler, de partager ou pas. L’idée peut venir d’un film vu la veille, d’une phrase d’un ami autour d’un verre ou d’un sujet d’actualité. J’ai souvent eu le sentiment d’être proche de l’expressionnisme , d’avoir ce besoin de réinterpréter la réalité pour chercher le lien émotionnel avec le spectateur.

E.G. : Je m’inspire de beaucoup de disciplines artistes et d’univers graphiques assez différents les uns des autres mais dans lesquels j’arrive à piocher des idées, des façons de représenter des objets ou personnages. Mais principalement c’est l’univers du tatouage dans lequel j’aimerais évoluer par la suite qui m’inspire le plus. Je visualise toujours une oeuvre dans la façon dont elle pourrait s’intégrer sur un corps.

Solo ou team ? 

H.K :  On travaille essentiellement ensemble avec EhGarsson ! Mais aussi avec les autres membres du collectif sur certains projets.

E.G : Nous sommes quatre au total avec Jeanna A. Silva et Wuzdat Prick, on se retrouve principalement dans notre atelier de St-Étienne-du-Rouvray.

H.K : Le travail collectif est très important pour nous, on a besoin de ce lien.

Rouen, pourquoi ? 

H.K. : J’ai toujours vécu à Rouen, c’est chez moi. C’est cette ville qui m’a construit et qui m’a toujours inspiré. J’ai longtemps collé des stickers « Rouen m’a tuer », pour moi ça représente l’amour/haine que j’ai. Ce sera toujours une ville « punk » qu’il faut secouer en permanence pour qu’elle ne redevienne pas une ville dortoir.

E.G : Je travaille principalement sur Rouen car j’y vis, je trouve que cette ville possède une esthétique très riche qui se marie très bien avec le coté moderne du street-art. Il y a également une volonté d’enrichir une ville dans laquelle j’évolue constamment, une ville qui m’apporte énormément et à laquelle j’apporte quelque chose à mon tour.

@chevaletnoir

@hermankolitz

@ehgarsson

 

Notre sélection est bien sûre subjective, et nous sommes inévitablement passés à côté d’autres pépites ! Les oeuvres urbaines nous accompagnent au quotidien, mais on ne les remarque pas toujours. A la fois discrètes et partout.

N’hésitez pas à nous partager vos coups de coeur en commentaires !

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