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HISTOIRE – 7 choses que vous ignoriez sur la Gare de Rouen

gare rouen

Point de départ et d’arrivée. Vous y passez peut-être tous les jours pour aller bosser, peut être de temps en temps pour rendre visite aux copains parisiens, ou peut-être tout simplement pour venir chercher votre neveu du Havre qui vient passer les vacances scolaires chez vous.

Vous y prenez le café que vous n’avez pas eu le temps de prendre le matin chez vous, vous y feuilletez des magazines people que vous n’achèterez jamais, vous faites semblant d’écouter les pianistes partageurs en bénissant vos écouteurs. Vous y courrez pour être à l’heure parfois et vous râlez contre les retards d’autres fois.

La Gare et vous, c’est je t’aime moi non plus. Pendant des mois, vous avez aussi pesté contre les travaux qui s’éternisaient. Et nous aussi. Mais ça y est, ils sont finis ! Les nouveaux aménagements ont été inauguré jeudi dernier.

Pour fêter ça, si on apprenait à mieux connaitre son histoire ?

Elle était initialement située rive gauche

La première gare à Rouen a été mise en service en 1843 sur la rive gauche de la Seine. Appelée « Gare Saint-Sever », elle reliait Rouen à Paris. 5 ans plus tard, en 1847, on ouvre une deuxième gare rue Verte, à l’emplacement de la gare actuelle, qui permet d’aller jusqu’au Havre.

La Gare Saint-Sever, détruite par les bombardements de la ville en 1944, ne fut pas reconstruite. Son trafic voyageur fut reporté pour l’essentiel sur la gare de la Rive Droite.

Gare saint sever

Sa construction a duré 15 ans

Les travaux à la Gare de Rouen qui s’éternisent, on connait bien ! Mais saviez-vous que nous ne sommes pas les premiers à en faire les frais ? A la fin du XIXème siècle, il apparait que la Gare de la Rive droite est insuffisante en espaces et accès. En 1900, la reconstruction de la gare est déclarée d’utilité publique. Mais avec la faillite de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest en 1909, elle devient une gare de l’Administration des chemins de fer de l’Etat.

Les travaux débutent en 1913. Mais la Première guerre Mondiale va retarder l’avancement du chantier. Sa reconstruction va ainsi durer 15 ans ! La nouvelle gare est inaugurée en juillet 1928 par le président de la République, Gaston Doumergue. D’abord appelée « Gare de l’Ouest » ou « Gare de la rue Verte », on la nomme aujourd’hui « Gare de Rouen Rive-Droite ».

Elle a un style hybride

Rouen est connue pour ses maisons à pans de bois médiévales. Mais la ville possède également de nombreux immeubles et monuments à l’architecture Art-Déco.

L’Art Déco est un mouvement artistique qui débute en 1910 et qui connait un grand succès avec l’Exposition Universelle des Arts Décoratifs à Paris de 1925. Faisant suite à l’Art Nouveau, le mouvement Art-Déco se caractérise par le refus des angles droits, des matériaux disparates, des pans coupés, des ferroneries, des motifs floraux et géométriques, des fenêtres hublot et des frontons. A Rouen et dans le monde entier, ce retour aux formes géométriques à inspiré de nombreux intérieurs et bâtiments extérieurs.

La Gare de Rouen a une architecture qu’on appelle Art-Nouveau tardif. L’originalité de l’architecture s’explique par sa longue construction, qui lui donne un style à mi-chemin entre l’Art-Nouveau et l’Art Déco. 

Plusieurs bâtiments de Rouen sont également de style Art Déco : le café Le Métropole, la Grande Pharmacie du Centre (en face de la Cathédrale), l’Eglise Saint-Nicaise, la Poste de la rue Jeanne d’Arc…

Travaux gare 1913

Elle est classée monument historique

Depuis 1975, la Gare de Rouen est déclarée monument historique. C’est notamment le bâtiment voyageurs de style Art nouveau tardif qui lui vaut ce titre. Avec sa façade dominée par un campanile (la tour de l’horloge) d’époque de 37 mètres, sa salle des pas perdus, la gare de Rouen et ses multiples ornements illustrent l’inspiration végétale qui caractère ce style architectural.

S’il y a aujourd’hui une quarantaine de gares en France qui sont classées monuments historiques, Rouen est l’une des premières à avoir obtenu ce titre, avec la Gare de Limoges, la Gare de Paris-Lyon, la Gare de Paris-Nord et la Gare de Vitré.

 

Elle a vu passer de nombreux écrivains

Lieu de passage, carrefour de rencontres silencieuses, point d’arrivée ou de départ, les gares sont sources d’inspiration pour les auteurs et celle de Rouen est mentionnée dans les écrits de plusieurs auteurs célèbres.

Flaubert, né à Rouen en 1821, assiste ainsi à la mise en service de la première gare de Rouen en 1843. Si l’écrivain profitera largement du système ferroviaire, il n’a pas toujours vu ça d’un bon oeil ! Il s’agace de la publicité faite pour annoncer l’ouverture de la ligne de Rouen. Fin novembre 1842, il écrit à son père :  « …la santé est très bonne ; je vois seulement trop de gens qui parlent du chemin de fer. On en est tanné. Il y a de quoi avoir une colique de wagons… ». L’année suivante, à sa soeur Caroline : « …Si tu t’ennuies d’en entendre parler (du chemin de fer), tu es tout à fait comme moi. Il m’est impossible d’entrer n’importe où, sans qu’on entende des gens qui disent : « Ah ! je m’en vais à Rouen ! Je viens de Rouen ! Irez-vous à Rouen ? Jamais la capitale de la Neustrie n’avait fait tant de bruit à Lutèce ! … ». Mais il ne tarde pas à apprécier les avantages : « maintenant qu’il y a le chemin de fer et que c’est si commode pour aller à Paris, car on peut y aller dîner et revenir le soir pour se coucher. Ah ! vraiment  c’est une chose incroyable ! etc. ». Il évoque les trains dans plusieurs de ses livres, et notamment la gare de Rouen dans Madame Bovary.

Simone de Beauvoir, enseignante au lycée Jeanne d’Arc entre 1932 et 1936, mentionne la Gare de Rouen dans son livre autobiographique La Force de l’Age, Elle y évoque également le café Le Métropole, dans lequel on peut aujourd’hui admirer les sculpture de son buste et celui de Sartre.

« … Rouen, à une heure du Havre, à une heure et demie de Paris. Mon premier soin fut de me procurer un abonnement de chemin de fer. Pendant les quatre années que j’y enseignai, le centre de la ville, pour moi, demeura toujours la gare. Le lycée en était tout proche. (…) je m’installai à l’hôtel La Rochefoucauld, d’où j’entendait le sifflet rassurant des trains. J’achetais mes journaux dans le hall de la station; sur la place, à proximité, il y avait un café rouge. La Métropole, où je prenais mon petit déjeuner. J’avais l’impression que je vivais à Paris et que j’habitais dans une banlieue lointaine. Tout de même, j’étais confinée à Rouen pendant de longues journées et souvent, nous y passions le jeudi, Sartre et moi. » 

Le Métropole

Pour d’autres écrivains, le passage en gare de Rouen fut plus dramatique ! Le poète Emile Verhaeren, venu donné une conférence à Rouen en 1916, y mourut accidentellement. Poussé par la foule, nombreuse, il tomba sous les roues d’un train qui partait.

 

Les cheminots rouennais ont fait de la Résistance

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les cheminots sont nombreux à entrer dans la résistance. Ils agissent par de multiples actions : propagande, passages clandestins, renseignements, sabotage

En octobre 1941, un train de matériel militaire allemand déraille sur la ligne Rouen-Le Havre. C’était l’un des objectifs du « brûlot de Rouen », un groupe de résistants. S’ensuit une arrestation de 150 militants politiques et syndicaux, ou soupçonnés comme tels, dans l’agglomération rouennaise. Certains sont fusillés, d’autres déportés à Auschwitz.

Aujourd’hui, on peut lire les noms des cheminots morts pendant la Seconde Guerre Mondiale sur une plaque commémorative dans le hall de la Gare de Rouen Rive Droite, et sur le monument aux morts SNCF du dépôt de Sotteville-les-Rouen.

Une nouvelle gare d’ici 2030

Située au coeur du réseau TER Normandie et sur l’axe Paris-Le Havre, la Gare de Rouen est un point de convergence de plus en plus saturé au fil des années. Mais sa configuration et sa situation en plein coeur du centre-ville rendent impossible d’étendre l’emprise de la gare. Cette saturation associée à une volonté de reconquête urbaine ont conduit à envisager la création de nouvelles infrastructures qui puissent absorber la hausse du trafic.

C’est ainsi qu’est né le projet de construire une seconde gare à Rouen. Le site de la gare de Rouen Rive-Gauche est ainsi amené à accueillir cette future gare. A croire que nos ancêtres avaient déjà tout compris et anticipé. On retrouvera les deux gares, situées de chaque côté de la Seine, qui existaient à la fin du XIXème.

Le calendrier approximatif actuel prévoit une mise en service pour 2031-2033. Pour un retour vers le futur, direction la Friche Lucien, qui est située sur le site de la future Gare SNCF.

 

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