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Insolite : découvrez la Confrérie des Conards de Rouen

fete des fous

Vous vous souvenez de la fête des Fous dans le Bossu de Notre Dame conté par Victor Hugo (et pour les moins littéraires, Disney) ?

Et bien vous y êtes presque…

 

Au Moyen-Age, pour fêter Mardi Gras, les abbayes de France et de Navarre ouvraient leurs portes pour que les clercs, les moines et les religieuses se mêlaient au peuple dans la liesse générale. Danses, fêtes, chants, théatre… et surtout, élection du Pape des Fous !
Lors du carnaval, on élisait un(e) civil(e) ou un clerc/religieuse aux titres de Pape et Papesse des Fous. « Fermez églises et écoles, Entrez dans la farandole, Venez à la fête des… Fous! »

 

Mais alors, pourquoi parle-t-on de Conard ?
Dans chaque ville de France, la fête des fous avait son petit nom. Ainsi, à Paris il s’agissait de la Mère-Sotte, à Dijon on célébrait la Mère-Folle, les Poitevins jouissaient de la fête des Barbatoires tandis que celle des Diacres soûls se déroulait à Reims.
Quant aux esprits farceurs qui prenaient part aux festivités en faisant le show, ils avaient également leurs sobriquets. A Paris vous trouviez les Turlupins, les Badins ou encore les Enfants-sans-soucis, à Rouen vous trouviez les Conards, une bande de joyeux drilles toujours prêt à faire rire les passants de la fête de Mardi Gras.

« Les festivités s’ouvraient par une grande parade triomphante dans toute la ville de Rouen. Les Conards alpaguaient les passants en énumérant les excès de la société auxquels le brave peuple était quotidiennement confronté (la mainmise des puissants, le mauvais gouvernement, la hausse des prix, les taxes accablantes, etc.). Trois jours durant, les rues et ruelles de la capitale normande devenaient le théâtre d’un véritable tribunal ambulatoire à huis ouvert.

En effet, le talent de ces amuseurs était de dévoiler au grand jour les désordres sociaux et les tares de la bonne société ; et mieux valait se méfier de ces « malins et infatigables enquêteurs ». Organisés et bien renseignés, ces joyeux drilles traquaient les écarts de conduite et les déviances de leurs contemporains pour mieux les dénoncer, sur les places et dans les rues, et les livrer en pâture aux ricanements des badauds. Adultère, cocufiage, vol, crime… rien ne leur échappait ! Ils se moquaient éhontément des rois, des papes, du haut clergé et n’hésitaient pas à s’attaquer au petit peuple, s’il le méritait. Nul n’était épargné ! »

Finalement accusée de trop remettre en cause l’ordre ecclésiastique et la justice (souvent mise à mal dans leurs sauteries), c’est le Cardinal de Richelieu lui-même qui dû dissoudre la Confrérie vers 1630.

 

Ça vient d’où Conard ? 

Pour certains, le mot conards trouverait sa source du côté des cornards, soit des maris trompés par leur épouse grivoise et qui, de part cet affront, devenaient la risée du village.
Mais selon L’abbé LeBoeuf, contributeur du dictionnaire, le mot conard signifierait plutôt « sot et facétieux ». C’est ce sobriquet qu’ont retenu les membres de la confrérie souhaitant amuser la galerie, donnant lieu à la Confrérie des Conards.

 

Sources :
L’incroyable site Savoir D’Histoire avec son article  
L’abbaye des Conards de Rouen
Fêtes des fous, des sots, de l’âne et des conards

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