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Que s’est-il passé à Rouen en Mai 68 ?

Le mois de Mai est terminé, et avec lui toutes les commémorations de Mai 68. Nous avons profité de ce mois pour mener l’enquête sur les événements qui ont eu lieu dans notre chère ville rouennaise il y a 50 ans …

Nous avons ainsi découvert une chouette exposition visuelle et sonore au Diable au corps, organisé par Marie Gautier « Mai 68 à Rouen et ailleurs ». Elle se termine le 16 Juin, alors courez-y !

Une Histoire …

Dès les premiers jours de Mai, les manifestations étudiantes débutent à Paris.

A Rouen, les étudiants s’intéressent aux événements et entrent à leur tour dans le mouvement en commençant également à manifester.

Très vite, le monde ouvrier entre dans la lutte.

Le lundi 13 Mai, de très grosses manifestations ont lieu dans tout le pays. Un énorme rassemblement se déroule place Saint Marc à Rouen.

Une première grève a lieu à l’usine Renault de Cléon. Devant le refus de la direction de recevoir les délégués du personnel, l’usine commence à être occupée le mercredi 15 Mai. On appelle toutes les autres usines de la Normandie à faire de même.

Dès le lendemain, l’usine de Sandouville est occupée.

Le 20 Mai, le port de Rouen est fermé. Les cheminots et la fonction publique rejoignent le mouvement.

En quatre cinq jours, 170 entreprises se mettent en grève. On dénombre jusqu’à 250 000 grévistes en Seine-Maritime.

Les lycéens rejoignent à leur tour le mouvement. Les cours, les examens, le bac sont annulés.

Les 22 et 29 Mai ont lieu de nouvelles manifestations très importantes à Rouen.

Le 27 Mai, les accords de Grenelle sont signés entre les syndicats, le patronat et le gouvernement. Ils valident une augmentation du SMIC, une réduction progressive du temps de travail et une reconnaissance du droit syndical.

Le 30 Mai, Le général de Gaulle annonce à la radio la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections législatives. Les gaullistes manifestent en soutien, notamment à Rouen.

Peu à peu, des négociations ont lieu dans les entreprises. Doucement, le travail reprend.

Ou des histoires ?

L’exposition du Diable au corps nous présente affiches, tracts et témoignages sonores.

Marie Gautier, l’organisatrice de l’événement, nous explique « J’ai souhaité rassembler des témoignages de personnes qui ont vécu les événements de façons différentes. Cela m’a révélé qu’il n’y a pas une histoire mais des histoires ».

Elle a ainsi recherché des témoins et récolté des récits pour les mettre en valeur.

Les personnes interrogées sont de bords politiques différents et ont eu des attitudes variées face aux événements. Certains étaient très actifs tandis que d’autres étaient plus dans l’observation.

On découvre les témoignages sonores d’André, Luc, Clotilde, Denis et Anne-Marie.

On vous les présente ici !

André

Jeune ouvrier au Centre de tri de Rouen au moment des événements, André et ses collègues sont restés en grève durant un mois tout en occupant les locaux de leur entreprise, où de nombreuses assemblées générales ont eu lieu durant Mai et jusque début juin.

Devenu un actif militant politique et syndicaliste par la suite, André estime que c’est Mai 68 qui a éveillé en lui cet engagement pour la lutte sociale et ouvrière.

Luc

Originaire du Havre, Luc a 22 ans lors de Mai 68 et étudie à l’école d’architecture de Rouen. Voyant dans ces événements l’opportunité de bouleverser l’ordre établi et de mettre en place des changements forts – notamment dans l’enseignement – ce dernier a activement participé à la lutte étudiante et s’est joint notamment aux étudiants de la fac de Mont-Saint-Aignan pour de nombreuses actions militantes.

Clotilde

Durant Mai 68, Clotilde n’a que 8 ans mais n’en garde pas moins un souvenir vif des événements. Les idéologies portées par ce mouvement la marqueront profondément dans sa vie de jeune femme et d’adulte, aspirant en particulier à un esprit communautariste.

Denis

Lors des événements, Denis est élève de 1ere au lycée Jules Siegfried du Havre. S’il n’avait pas de revendications particulières lors de Mai 68, il s’est néanmoins laissé porter par l’effervescence du mouvement et garde un souvenir particulièrement fort de ce mois placé sous le signe de la liberté.

Anne-Marie

Anne-Marie est mère au foyer pendant Mai 68. Son mari, qui travaille au port de Rouen, n’est pas gréviste. Toutefois, le port étant bloqué durant les événements, il reste chez lui tout comme leurs trois enfants qui n’ont pas école pendant cette période.

« La petite mémoire apporte énormément à la grande mémoire » souligne Marie Gautier.

L’exposition se termine le 16 Juin, alors il ne vous reste que quelques jours pour la découvrir dans les locaux du Diable au corps, 100 rue Saint-Hilaire !

Images : https://rouendanslarue.net/10-photos-inedites-de-mai-68-a-rouen/ 

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